Voir Anchorage et partir…

Après avoir laissé mon vélo et les sacoches  à la consigne de l’aéroport  (je redécolle vers DEADHORSE dans trois jours), je prends le bus pour le centre ville d’ Anchorage.  Cette ville est bizarre, sans âme comme souvent les villes américaines, grandes artères bordées d’horribles immeubles et de centres commerciaux. Mais ce qui m’intrigue le plus, c’est le nombre important de sans abris qui sillonnent les rues. Une majorité de « natives », des amérindiens, ceux dont je crois Gilles Vignault  disait «  qu’ils étaient de moins en moins indiens et de plus en plus amères » alcool, drogue, mendicité, soupe populaire, l’Amérique à deux vitesses est bien présente ici aussi.20160530_195903

L’auberge Alaska Backpackers Inn, n’est pas la plus luxueuse de la ville mais c’est la moins chère !!! Les pensionnaires se composent de routards, de paumés en attente de travail et de paumés tout court. J’y rencontre Steven, un jeune franco américain  qui travaille dur sur des bateaux de pêche au saumon mais qui pour gagner 250$ par jour est prêt à dormir 4 heures par jour s’il le faut. Il m’explique qu’ici le travail ne manque pas pendant la saison d’été et le pays attire entre autres  les gens qui veulent se faire oublier dans les autres états.  Mes voisins de chambrée sont « passionnants » : un jeune sportif qui se réveille à 5h du mat pour faire des pompes, un black qui dort habillé et un  type de la cinquantaine qui rentre imbibé d’alcool à 3 heures du mat pour ronfler. Il se dit ancien coach de l’équipe olympique de handball de l’ex Yougoslavie. Il vit  aux Etats Unis depuis 15 ans mais il a manifestement  le mal du pays, depuis son divorce sans doute. Ce midi j’ai fait la connaissance du  Doctor Jim, coach en tout genre avec un bracelet électronique à la cheville. Je ne sais pas pourquoi mais c’est le genre de type à qui  j’hésiterai à lui confier mes névroses et mon portefeuille, bref les éclopés de la vie ne manquent pas dans le quartier.

Ce matin j’ai fait les courses chez REI, un magasin de matériel outdoor pour y acheter tout ce qui me manquait (repas lyophilisés, boite de conservation des aliments qui résiste à l’ours, moustiquaire de chapeau, répulsifs à moustiques). Il ne manquera plus qu’une bombe spray au poivre et de l’essence blanche pour mon réchaud, ces deux articles ne peuvent pas prendre l’avion. Je suis fin prêt pour la Dalton Highway.

  1 comment for “Voir Anchorage et partir…

  1. la grande nicole
    11 juin 2016 at 9 h 24 min

    coucou l aventurier c est reparti nous allons pouvoir te suivre sois prudent avec les ours
    gros bisous

Laisser un commentaire