Potosi et ses mines d’argent

Le centre ville pullule d’agences de voyage proposant la visite des mines. Etant mal à l’aise avec l’idée de voir travailler des hommes dans des conditions que je sais par avance désastreuses, je suis tenté de ne pas cautionner cette démarche. Pourtant, en parcourant les guides touristiques, on y explique qu’une partie du billet de la visite est reversée au mineurs (doutes, pour certaines agences ?) et que les mineurs sont fières de leur travail et ne se sentent aucunement observés comme dans un zoo. Je me décide cependant à faire cette visite avec appréhension. La visite commence par une séance d’habillage qui prévoit le port d’un casque, de bottes, et de vêtements de protection. Notre guide féminin commence la visite dans une des échoppes spécialisée dans l’équipement et le matériel du mineur. Celui-ci vient y faire « ses courses » le matin. On y trouve du manche de pioche, à la dynamite en passant par les feuilles de coca et l’alcool 96°. Lorsque nous entrons dans la mine, les pieds dans l’eau, courbés avec le casque qui tape parfois la paroi, on ressent rapidement les effets de la chaleur et du manque d’air (nous sommes à 4600 mètres d’altitude), claustrophobes s’abstenir !

Au bout d’une demi-heure de marche, on fait une pose au bout d’un couloir auprès d’une sorte de diablotin. Nommé «  El Tio », les mineurs lui font des offrandes ( cigarettes, feuilles de coca, alcool) pour se protéger d’accidents, pour trouver la veine miraculeuse qui leur apportera richesse et bonheur.

Nous nous enfonçons un peu plus dans les couloirs puis descendons dans un trou de 4 mètres avec une corde. Quelques mètres plus loin un homme éclate des cailloux de minerai en sélectionnant les plus riches en argent. Seulement deux personnes à la fois peuvent s’approcher de lui tellement l’endroit est exigu. Il répond calmement à nos questions sans arrêter de frapper, il ne remontra à la surface qu’après ses 8 heures de travail. Nous le quittons pour rencontrer quelques minutes plus tard deux hommes chargeant un wagonnet de sacs d’environ 50 kg chacun. Une fois rempli, ils pousseront le chargement vers la sortie de la mine. Quelques touristes dont moi ont « aidé » en poussant pendant une cinquantaine de mètres le wagonnet. Inutile de dire que j’ai mis 10 mn à reprendre mon souffle avant de laisser ma place…

On ne ressort pas de cette visite sans penser aux désastreuses conditions de travail de ces hommes qui ne gagnent à peine plus que le salaire moyen, mais avec en prime une espérance de vie raccourcie à cause de la silicose, de l’alcool à 96° mélangé au Coca Cola (le whisky bolivien) et bien entendu de la dureté du travail. Il y a encore 15 000 mineurs qui se relaient jour et nuit dans les entrailles de cette montagne. On estime que 8 millions d’hommes sont morts dans cette mine depuis son ouverture. Des chiffres effrayants autant que les contions de travail d’aujourd’hui qui n’ont pas changées depuis le 19ème siècle.

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