L’ashram,la plage et bonne année à tous

« Viens nous retrouver,  on est à l’ashram de Amritapuri, tu vas voir c’est bien »

Pourquoi pas ? Difficile de visiter l’inde sans s’intéresser à sa spiritualité et d’y découvrir la vie  d’un ashram. J’arrive dans l’après midi  dans un immense complexe immobilier : trois hautes  tours, un temple,  des bungalows, des bâtiments, un auditorium grand comme un stade de foot, impressionnant tout çà et loin de ce que j’imaginais. Je m’enregistre à l’accueil et rempli un formulaire classique à un point près,  je dois donner mon nom  spirituel, j’ai bien pensé à « le plouc », mais j’ai  craint que mon intégration soit plus lente. Diane me rejoint et me fait visiter les lieux. Une majorité d’étrangers sillonnent les allées vêtus de blanc, une moyenne d’âge autour de la cinquantaine  et majoritairement des femmes. Les visages sont serins sans  une ombre de joie de vivre. Pas de doute, on n’est pas à la foire à la saucisse !!. La brochure d’accueil rappelle que nous sommes dans un lieu de pratiques spirituelles donc pas de tabac, d’alcool, de musique, de sexe. Welcome??  J’aperçois des policiers en armes, des barbelés en  hauts des murs, des panneaux indiquant des caméras de surveillance et l’interdiction de prendre des photos, pas vraiment Peace and Love la boutique. Intrigué je demande pourquoi tant de mesures de sécurité, Diane m’explique que le gouvernement indien assure la sécurité de Amma qui aurait reçu des menaces des islamistes radicaux… on en sortira donc  jamais.

« Ce soir Amma va chanter, faut que tu la vois,  elle adore chanter »

La gourou  arrive sur la scène, s’assoit, lève les bras en l’air, la foule debout  lève les bras à son tour en  prononçant des paroles rituelles de dévotion. C’est à ce moment là que le « Ni Dieu Ni Maitre » m’est venu à l’esprit, j’ai fait ce qu’on pourrait appeler un  serrage de neurones, un manque d’huile et paf  l’accident, çà prévient  pas. Je me vois déjà au Temple solaire allongé sur le sol en forêt  façon méchoui. Pour me détendre, j’observe  un blondinet à queue de cheval, immobile, les yeux fermés, assis sur sa chaise, le dos droit comme I sans toucher au dossier, c’est à ce moment là que je  parie sur l’heure où il va craquer et bien  au bout de deux heures il n’avait toujours pas bougé l’animal, je tiens le futur gagnant de KO LANTA.

Les repas sont payants  pour les étrangers c’est à ce moment qu’un « recruteur » arrive pour me proposer  une  activité bénévole (le seva). Je dois deux heures à la collectivité en quelque sorte. Pour moi ce sera corvée de patates de 7 à 9 heures dès demain matin. Ce travail d’intérêt  général, (T- I-G  pour les militaires !) est souvent choisi par les français, y a pas à dire la gastronomie c’est notre truc à nous. Je me pointe à l’heure et m’assois en face d’une immonde américaine qui n’aura de cesse de me rependre sur la taille de mes morceaux de légumes, elle aussi, elle aura vite fait de me les  briser menus,  la vache.

Le reste de mon séjour passera vite malgré tout. J’ai vu Amma enserrer dans ses bras ses fidèles qui s’avancent vers elle en file indienne (je sais elle était facile). Ce geste,  symbolise le  don de l’amour maternel qu’elle a déjà donné à 34 millions de personnes dans le monde. Personnellement,  j’ai préféré laisser mon tour à quelqu’un de plus convaincu.

Cette expérience dans un premier temps teintée de rejet est la preuve que l’on a  peur de ce qu’on de connait pas. J’aurai aimé découvrir Amma préalablement au travers d’autres sources d’informations. Voir le film de Lelouch, Un plus Une, lire des articles qui lui sont consacré, bref me faire une idée avant d’arriver sur place. Avec le recul  je me dis que c’est une chance incroyable d’avoir pu approcher une sommité spirituelle comme Amma. Ses œuvres caritatives sont exemplaires  et reconnues par les instances internationales les plus sérieuses. Un nombre important de pages et vidéos sont disponible sur le net pour en témoigner. On est loin d’une dérive sectaire mais personnellement  la vie en collectivité m’insupporte tellement que je doute être un jour susceptible de tenter une expérience similaire.

La panne, je l’attendais, je l’ai eue et je n’ai pas été déçu !!

Une petite cote, un virage et un bruit bizarre de claquement. J’accélère, rien, je m’arrête. Je recule et j’aperçois sous mes roues  ma chaine trainer sur le bitume. Ça devait bien arriver un jour de toute façon. Un tuc-tuc s’arrête, j’explique mon cas, il m’emmène au village le plus proche, un dépanneuse va chercher ma bécane pour l’emmener dans une ville un peu plus grande où il y a un mécano Royal Enfield. Trois heures plus tard je repars avec une chaine et un pignon neufs, On the road again.

Sur la route entre Amritapuri et Kochi (Cochin), je suis surpris par la présence importante d’affiches et de drapeaux du Parti communiste. Des affiches avec les portraits de Marx, Lénine et Staline ensemble, des faucilles et marteaux à chaque entrées de villages même au Vietnam je n’en n’ai pas vu autant. Je prends un stoppeur polonais sur mon engin et lui demande ce qu’il en pense, « on ne peut pas en vouloir aux pauvres de rêver de plus de justice, mais on ne leur dit pas que ces trois là sont responsable de 14 millions de morts »…

Direction  Goa, ses plages, ses fêtes ont fait rêver plusieurs générations. J’ai hâte de voir tout çà… La saison est la meilleure pour la région, juste idéale pour se reposer, buller au soleil. Je pense à ma famille et à mes amis pour cette période de fêtes. Le foie gras est rare dans le coin mais le poisson grillé sur une plage au coucher du soleil c’est pas mal non plus, croyez moi. Je souhaite à tous une belle et heureuse année 2018.

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