De Leticia à Manaus

Voir Leticia et pourrir…

J’ai quitté le nord de la Colombie en direction de Leticia qui se situe à l’extrême sud du pays, à la frontière du Pérou et du Brésil. La ville dont on m’avait dit tant de bien est  en vrai décevante. La saison des pluies qui commence ne l’avantage pas , j’en conclus  que cela doit être une belle ville à condition d’en sortir !!!. Les murs et les maisons semblent moisir sur pied  à cause de l’humidité et de la chaleur, les motos et tuk tuks fourmillent dans les rues défoncées qui  se transforment en rivières dès le premier orage. En fait, la principale activité touristique consiste à faire des excursions dans la jungle, avec visites de villages indiens et des balades en pirogues. Pas envie.

Comme beaucoup de villes frontalières, les activités de contrebandes et trafics en tout genre fleurissent. Les nombreux contrôles douaniers qui marqueront le voyage jusqu’à Manaus ne sont pas le fruit du hasard.  Le port de Leticia est sinistre, même les chiens ont des sales gueules. Vivement  que j’embarque pour Manaus.

Il y a 35 ans j’ai remonté l’Amazone de Belém à Manaus avec le même type d’embarcation, un bateau à 2 étages dans lequel les passagers pendent leur hamac et transportent diverses  denrées. Les plus aisés peuvent choisir les quelques cabines disponibles mais pour moi c’est plus drôle en hamac, non? A l’époque on m’avait signer un papier indiquant que je m’engageais à ne pas faire de réclamations à la société maritime concernant la nourriture et les conditions de transport ? Et bien 35 ans plus tard, le document n’existe plus mais la bouffe est toujours aussi mauvaise et les chiottes toujours aussi sales !!

Le voyage dure 4 jours et 3 nuits, l’activité principale est le hamac. Le paysage défile lentement, Le fleuve Amazone c’est un peu  « la force tranquille ». Les deux premiers jours seront ponctués par des contrôles douaniers assez impressionnants.  Ils débarquent à 15 sur le pont, et fouillent méthodiquement les bagages et contrôlent les passeports. Avant d’embarquer les chiens avaient pourtant travaillé, Leticia est au centre du passage de la drogue qui sort de Colombie en direction du Brésil et du Pérou. Bref, au début c’est un peu inquiétant, puis on s’y habitue.

Avant d’arriver à Manaus on peut observer un phénomène amusant, l’eau sombre du Rio négro  (un affluent du nord) ne se mélange pas avec celle plus claire de l’Amazone. L’explication vient de la différence de température entre les deux, le Rio Négro est à 28°c et l’Amazone est à 23°c à cet endroit.

Si l’Amazonie est le poumon de la planète, Manaus est aujourd’hui  le poumon économique de l’état Amazonas. Cette ville de 2 millions d’habitants comptait à la fin du 19ème parmi les villes les plus riches du Brésil. Le boom du caoutchouc y a vu naitre des  fortunes colossales. On y a construit un opéra avec les matériaux les plus nobles venus de France, Portugal et Italie entre autres. Directement inspiré de l’Opéra Garnier, le Théâtre Amazonas est le joyau de la ville. Il reste encore quelques rares bâtiments témoins d’une grandeur perdue à partir du début du 20ème siècle. Les semences de latex brésilien ont été replantées en Malaisie et  ont anéanti en une quinzaine d’année  l’activité brésilienne. Manaus est devenue une zone franche. Les marchands de lunettes et de coques de portables sont innombrables dans le centre ville qui n’est pas particulièrement attachant.

Ce soir, je prends un vol pour Fortaleza où parait-il les plages sont les plus belles du Brésil…

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