Dalton Highway : Amazing road but too much for me !!!

Pourquoi partir de Deadhorse/Prudhoe Bay ?  Parce que c’est sans doute la ville située la plus au Nord  du globe atteignable par une  route : la Dalton Highway.

Cette route fait partie de celles les plus mythiques pour des cyclotouristes au même titre que la Pamir Highway et quelques autres. Avant de me lancer dans le projet, je savais qu’elle était  difficile mais je ne savais pas qu’elle l’était à ce point. Vous l’avez compris j’ai du jeter l’éponge à presque mi route avant d’atteindre Fairbanks situé à 800 km du départ.

Arrivé le 31 mai 2016  à Deadhorse par avion en provenance d’Anchorage Température : 0°C.  Manifestement le tourisme n’est pas l’activité principale de ville… Ici on y vient pour travailler dur, « and make money », l’exploitation pétrolière est florissante depuis longtemps et un pipeline existe depuis les années 70. A l’aéroport, je demande la direction du centre ville, le type me répond : « Tu y es, mon gars ! »  . Le village est composé de box de chantiers, parfois à deux étages, de grands hangars et d’immenses grues, tracteurs  et engins de terrassement en tout genre. La vie y est chère, la nuit d’hôtel est à 200$, aussi j’enfourche mon vélo pour dormir en dehors de la ville. Ah, j’oubliais il ne fait jamais nuit ici en juin, c’est un peu perturbant au départ mais c’est bien pratique au final.

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La route ressemble à une piste de pierre damée,  je roule une vingtaine de km au début on pense que c’est assez roulant, à la fin on comprend que la moyenne journalière est pitoyable et que la bouffe va manquer assez vite. (Ici, pas de restos avant 400 km, pas d’épiceries, il faut tout prévoir avant de partir). Il fait froid et je plante la tente sur une  zone de chantier  qui borde la route. Je repars le lendemain sous la neige, et les premiers doutes s’installent dans ma tête. A ce rythme, je fais péniblement  50 km par jour alors que le double est nécessaire, donc pas assez de bouffe et surtout la fatigue s’installe un peu plus chaque jour.

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Il y a environ un ou deux  véhicules par heure à circuler sur cette route, les camions s’éloignent du vélo quand ils doublent mais dégagent un nuage de poussière épouvantable au passage. La route est magnifique, pendant les  80 premiers kms, la toundra, une immense plaine et puis très vite les côtes arrivent. D’interminables côtes, certaines de 10 à 12° m’obligent à pousser mon bordel des heures. Je n’en peux plus et l’idée d’abandonner revient de plus en plus souvent. Quel con de m’être lancé sur cette putain de route, je n’ai plus fait de vélo depuis mon dernier voyage (il y a un an), j’ai repris 15 Kg et j’ai un vélo couché,  tout ce qu’il ne faut pas pour atteindre Fairbanks situé à  800 km. Les pick-up  s’arrêtent volontiers pour me demander si tout va bien et j’avais besoin de quelque chose, il en profite pour me donner de l’eau et des friandises. Cela fait chaud au cœur mais ce n’est  malheureusement pas suffisant pour me remonter le moral. Quatre autres cyclistes me rejoignent ils  sont partis 2 jours après moi !!!

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Au niveau météo, j’ai eu souvent le vent dans le dos, de la neige en petits  flocons, de la grêle,  une journée avec une bonne chute de neige près du col de 1480 m et deux ou trois jours ensoleillés. Au pied du col se trouve un refuge chauffé (la chance) dans lequel tous les cyclistes se sont retrouvés pour attendre de heures plus clémentes. Je ne peux plus  imaginer passer ce col avec eux, il me faut trouver une solution. Celle-ci viendra grâce à la famille Maas qui faisait une pause devant le refuge et qui a accepté de m’embarquer dans leur pick-up. Les dieux sont avec moi, ils peuvent m’emmener jusqu’à Coldfoot, premier village avec restaurant et douche (14$). Le lendemain je reprends la route vers le sud, la végétation a changée, plus de sapins mais toujours autant de cotes. J’arrive au Cercle Arctique exténué, je prends la traditionnelle photo et aperçois une immense cote  de 5 km au moins, bien droite,  elle s’offre  à moi !!! C’est à ce moment là que je me suis dit :  « STOP, NO MORE ».

Je tends le pouce sur le coté de la route et la chance me fait signe à nouveau.  Un grand mobile home s’arrête, je les reconnais j’ai discuté avec eux hier, ils sont de Louisiane, ce sont les BOUDREAUX et les BASCLE, des noms de famille bien de chez nous. Ils me proposent de m’emmener jusqu’à Fairbanks en une seule fois, inespéré.  Cette fois mes angoisses de bouffe et de fatigue disparaissent, je vais retrouver le confort dans quelques heures.

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Pas d’ours en vue, seulement quelques élans, caribous et buffles à longs poils (bœuf musqué)  des oies sauvages et des lapins. Je ne tiens pas le moins du monde à être l’homme qui a vu l’ours, tout le monde en parle et s’équipe de bombe spray au poivre anti ours mais très franchement je les préfère à la télé.

Bien évidement, je suis déçu de ne pas avoir fait la route entièrement, mais mon voyage n’est pas une course aux records  et à la performance,  juste le plaisir de la découverte des hommes et des paysages. On estime à environ 200 cyclistes qui se lancent chaque année entre Juin et Septembre sur cette route, tous ne vont pas jusqu’au bout non plus, je ne serais pas donc  pas le premier ni le dernier à jeter l’éponge ?

  1 comment for “Dalton Highway : Amazing road but too much for me !!!

  1. louisa Flanet
    15 juin 2016 at 20 h 30 min

    Coucou Franck , garde courage tu as raison tu ne seras pas le premier ni le dernier à jeter l’éponge !! bisous

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