COLOMBIE, DE LA FRONTIERE A MEDELLIN

J’arrive vers midi à Tulcàn, la dernière ville équatorienne avant la frontière. Il fait froid, je casse la croute avant de rejoindre le poste frontière situé à une dizaine de kilomètres. Les formalités de sortie d’Equateur et d’entrée en Colombie se règlent en une heure et me dirige vers Ipiales, ville plus accueillante selon le guide. J’y dormirais dans un petit hôtel familial avant de prendre un bus le lendemain pour Cali. Surprise, l’heure prévue d’arrivée est une heure du matin, çà va être chaud pour trouver un hébergement pour la nuit ?

En sortant du bus, j’aborde une grande gueule d’australien, bâti comme une armoire normande qui voyage avec son surf. Sa voix et son accent épouvantables réussissent à me faire douter de mes compétences en anglais. Lui aussi cherche un hôtel pas cher dans le coin, sa carrure dissuasive me semble adaptée à l’environnement sordide et à la réputation de cette gare. Dix minutes plus tard, il change d’avis pour suivre une bande de zonards en centre ville, mais j’ai un plan B : un clodo me propose de m’accompagner jusqu’à l’hôtel ! Vu le programme, je décide d’essayer de dormir à l’intérieure de la gare sur un banc. « Ma nuit » sera écourtée à 4 h par un flic qui fait lever tous les dormeurs de la gare qui va s’ouvrir au public !! Il ne me reste plus qu’à attendre le lever du jour pour trouver une auberge de jeunesse.

La misère est plus visible en ville ce dimanche matin, j’aperçois un type qui fait son plein d’essence pour la respirer dans une bouteille, plus loin un autre dort allongé sur le trottoir, ou encore une femme qui engueule les arbres… Il est tôt, les rues sont presque désertes, on dirait qu’il ne reste que les paumés…

Dans un quartier résidentiel de Cali, je trouve une superbe auberge de jeunesse : piscine, douche avec eau chaude et dortoir, accueil sympa, le rêve après une nuit pareille ….

La Colombie souffre d’une mauvaise image en France. Pour beaucoup d’entre nous, c’est le pays de l’affaire Betancourt,  la cocaïne, la corruption et les Farc. Comme dans beaucoup de pays d’Amérique latine la police de proximité est très présente. De nombreux barrages de contrôles sur les routes, les bus font l’objet de vérification des d’identités, des bagages. Même si un accord récent de cessé le feu avec les Farc a été signé, ils cherchent d’éventuels trafics d’armes, de drogues et de contrebandes diverses comme me l’explique le chauffeur de bus.

En faisant une pause à coté d’un barrage de police, le flic me pose les questions traditionnelles ( d’où je viens, le vélo etc …) puis me propose de l’eau fraiche au poste !!!

Pourtant il semblerait que les colombiens redoublent d’énergie pour montrer aux étrangers que leur pays vaut bien mieux, et ils ont raison.Les gens sont aimables, curieux de vous connaitre, toujours prêts à rendre service, j’ai peur que le temps passé en Colombie soit trop court maintenant.

Après 3 jours de route à vélo sous une chaleur écrasante, je prends un autre bus pour Medellin, la ville natale du célèbre peintre et sculpteur Fernando Botero. La place qui lui est consacrée est merveilleuse ainsi qu’un étage entier du proche Museo de Antioquia. Je suis loin d’être un rat de musées mais j’ai passé deux heures inoubliables.

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